Catégories
Régulation

L’encadrement réglementaire des ICO par la loi PACTE : contenu et enjeux

S’il y a bien un domaine où la France entend se placer comme leader, c’est bien le domaine des ICOs (Initial Coin Offering ou Offre initiale de jetons en anglais). La loi PACTE (relative à la croissance et la transformation des entreprises) pose un cadre législatif inédit sur ces levées de fonds en crypto-actifs, plaçant la France comme acteur de premier rang sur un sujet qui reste énigmatique pour tous les autres systèmes juridiques du monde.

Par Georges Tchikaidze

Lire la suite sur Village-justice.com

 

Catégories
Régulation

Habitez-vous un pays cryptofriendly ?

Oui ! Si vous habitez à Malte, en Suisse ou encore à Singapour. Récemment, l’île de Malte a préparé tout un arsenal législatif destiné à encadrer l’ensemble des acteurs concourant à l’écosystème des blockchains, tels que les courtiers, les bourses, les fournisseurs de portefeuilles, les conseillers en gestion de patrimoine et les teneurs de marché opérant dans des crypto-actifs. La loi devrait être votée avant l’été. Retrouvez l’article « L’île de Malte en passe de devenir l‘eldorado européen de la blockchain ? » sur Actualités du droit. En discutant avec un early adopter des bitcoins, c’était aussi le pays qu’il avait choisi pour se réfugier fiscalement. L’île de Malte va-t-elle réussir son pari de devenir dans les prochaines années la blockchain island ?

Catégories
Régulation

En droit français, la blockchain s’appelle un DEEP

Qu’est-ce qu’un DEEP ?

Dispositif d’Enregistrement Electronique Partagée (DEEP), c’est ainsi que le législateur a choisi de dénommer les technologies plus communément désignées sous le terme de Blockchain ou Distributed Ledger Technology (DLT). On notera au passage le clin d’œil consistant, en francisant les termes, à produire un acronyme à consonance anglophone qui veut dire « profond » ou encore « compliqué ».

Cependant, dans son rapport soumettant l’ordonnance à la signature du Président de la Républiquei, la Direction Générale du Trésor précise avoir surtout fait preuve, en choisissant cette dénomination, de prudence par rapport à de futures évolutions technologiques.

Deux domaines d’applications

D’un point de vue chronologique, on retrouve pour la première fois la mention d’un DEEP dans l’article L. 223-12 de l’ordonnance du 28 avril 2016[i], créant la possibilité pour des intermédiaires régulés par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) de proposer, via leurs sites web, des bons de caisse (titres de créance de maturité 1 mois à 5 ans maximum) émis par des établissements de crédit ou des commerçants, donnant ainsi naissance aux minibons. L’idée du législateur a été d’autoriser, à titre d’expérimentation en grandeur nature, un DEEP pour permettre à ces intermédiaires d’enregistrer les transactions d’acquisitions et de cessions de minibons.

En juin 2016, le ministère des Finances a ensuite annoncé travailler sur un deuxième chantier pour utiliser le DEEP en faisant adopter l’amendement n° 1507[i] autorisant le Gouvernement à légiférer par ordonnance sous 6 mois pour adapter le droit applicable aux titres financiers et aux valeurs mobilières non côtés.

Ces travaux ont donné lieu à deux textes subséquents.

Le premier, le 9 décembre 2016, au travers de l’article 120 de la loi n° 2016-1691[ii] relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, se contente de prolonger l’autorisation pour le gouvernement à légiférer par ordonnance sur le sujet.

Le second, publié le 8 décembre 2017[iii], soit tout juste le délai de 12 mois imposé par le texte précédent, modifie le Code de commerce et le Code monétaire et financier pour y inscrire le DEEP comme dispositif juridiquement reconnu, tenant lieu d’inscription en compte.

Alors, la France championne du droit des blockchains ?

Pas tout à fait…En effet, bien que Bercy clame haut et fort que la place financière parisienne est la première a avoir intégré la technologie Blockchain dans la loi, tous les textes cités précédemment sont pour le moment lettres mortes en attente d’un décret en Conseil d’Etat.

Celui-ci doit définir les caractéristiques techniques, notamment en matière d’authentification, de ce DEEP. Peu de choses transparaissent sur l’état d’avancement de ces travaux par opposition à ceux de la représentation nationale traités ici. Les ingénieurs étant sans doute rares dans le corps des Conseillers d’Etat, il semblerait que l’ANSSI soit en support à ces travaux.

Alors, la Blockchain dans le droit français, opération de communication ou volonté de faire en sorte que la France ne rate pas le train comme cela a été le cas avec le réseau Internet ? A n’en pas douter, la France est tiraillée entre cette volonté d’accompagner une innovation de premier plan tout en se montrant ferme quant aux écueils liés aux crypto-actifs et à leur réputation sulfureuse.

Nous ne manquerons donc pas de suivre de très près ce feuilleton juridique dont le prochain épisode devrait avoir lieu avant le 1er juillet 2018, date à laquelle devrait paraître, au plus tard, le décret d’application.

Sources :

[i] Amendement n°1507 présenté par le Gouvernement le 6 juin 2016 relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (n°3785).

[ii] Article 120 de la loi n° 2016-1691 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique du 9 décembre 2016 publiée au JORF du 10 Décembre 2016, texte n° 2.

[iii] Ordonnance n°2017-1674 du 8 décembre 2017 relative à l’utilisation d’un dispositif d’enregistrement électronique partagé pour la représentation et la transmission de titres financiers publiée au JORF du 9 décembre 2017, texte n° 24.

 

Catégories
Régulation Services publics

La Blockchain et le législateur : un amour impossible ?

Dans son rapport d’information sur les enjeux liés au développement du Bitcoin et des autres monnaies virtuelles, du 23 juillet 2014, la commission des finances du Sénat présidée par M. Philippe Marini, avait relevé que :

  • Le développement des monnaies virtuelles, et notamment du bitcoin ne saurait être ignoré des pouvoirs publics.
  • En dépit de risque clairement identifié (volatilité, anonymat, absence de garantie légale), le bitcoin est porteur de multiples opportunités pour l’avenir, surtout en tant que technologie de validation décentralisée des informations (la commission fait ici référence à la technologie dite de chaîne de blocs ou blockchain).
  • Les pouvoirs publics doivent donc travailler à la mise en place d’un encadrement juridique équilibré, afin d’empêcher les dérives sans compromettre la capacité d’innovation. A cet égard, le recours aux catégories juridiques de droit commun apparaît pour l’instant la solution la plus raisonnable.
  • Les comparaisons internationales montrent que la France se situe à mi-chemin entre les pays qui ont adopté les règles les plus strictes et les pays les plus ouverts.
  • La clarification du régime applicable devra se faire à l’échelle européenne, et si possible mondiale.

Trois ans après ce premier rapport, force est de constater que le législateur progresse avec prudence et parcimonie sur le sujet des monnaies virtuelles comme sur celui de la blockchain. Ainsi, les auditions relatives à cette technologie, organisées par la commission des finances le 7 février dernier semblent, pour reprendre le site actualités du droit, avoir essentiellement mis en lumière l’incompréhension des élus à l’égard des concepts, souvent techniques et complexes, qui président au fonctionnement de la « chaîne de blocs ».

Au cours de cette séance divisée en deux tables rondes portant d’une part sur les nouveaux usages et la régulation de la blockchain et d’autre part sur les risques et les enjeux liés à l’essor des monnaies virtuelles, deux visions, deux mondes, ont émergés : les régulateurs et les acteurs.

Les seconds insistent, logiquement, sur les opportunités innovationnelles des technologies visées en termes notamment de certification et d’horodatage de preuve, de climat (contrôle d’émissions de carbone) ou encore de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. Les premiers, en la personne de M. Corso Bavagnoli, inspecteur général des finances et chef du service du finance de l’économie de la Direction générale du Trésor, soulignent la nécessité de « permettre une innovation dans un cadre suffisamment robuste pour répondre aux objectifs fondamentaux de la réglementation financière (stabilité financière, protection du consommateurs et lutte contre le blanchiment) et de fournir un cadre qui permette aux innovations de se développer ». Aussi, acteurs comme régulateurs appellent de leurs voeux une intervention du législateur afin de permettre aux entrepreneurs d’innover au sein d’un environnement juridique clair et stable.

C’est ainsi que le 14 février dernier, l’Assemblée nationale a lancé une mission d’information sur la blockchain. Cette mission transpartisane présidé par le député LR Julien Aubert, a pour objectif la rédaction de recommandations, législative ou non, sur le sujet. La rapporteure, Laure de la Raudière, spécialiste de la question, et autrice de plusieurs amendements sur la blockchain, explique :

Il y a des enjeux de souveraineté important. Quand vous avez un service qui s’appuie sur une blockchain publique du type bitcoin, cette blockchain fonctionne avec des mineurs qui valident les transactions. Or aujourd’hui, la plupart de ces mineurs sont en Chine.
On a un enjeu économique, aussi. Si les usages de la blockchain se développent en France à partir de sociétés de service étrangères, cela signifie que l’on ne va pas créer de la richesse en France, mais ailleurs. Et si on interdit la blockchain en France, on risque de retirer une capacité de gain de productivité à nos entreprises, qui leur fera nécessairement perdre des parts de marchés.
Il y a aussi des enjeux sociétaux, également, parce que cette technologie aura pour effet de transformer des professions ou de supprimer certaines fonctions.

Enfin, elle ajoute, que la blockchain pourrait permettre à l’Etat de gagner en efficacité qu’il s’agisse des transports (cartes grises), du cadastre, des actes administratifs ou encore des registres d’État civil.

La question de la blockchain apparaît donc d’une actualité brûlante et sa saisie par le législateur, essentielle. Il semble impératif non seulement de faire sortir cette technologie de la zone grise dans laquelle elle évolue mais également d’améliorer la compréhension de son fonctionnement. Objet de fantasme et de spéculation, la blockchain n’est pas la panacée, elle est toutefois une opportunité formidable dont il convient d’aborder, avec réalisme et méthode, les conditions de fonctionnement.

Catégories
Régulation

La Commission européenne et les blockchains

La Commission européenne a lancé, le 1er février dernier, un Observatoire-forum des chaînes de blocs de l’UE pour suivre les évolutions de la blockchain et encourager les acteurs du secteur. Cet observatoire-forum se fera en partenariat avec la société ConsenSys.

Le 1er mars, elle a dévoilé un plan d’action qu’explique ainsi Mariya Gabriel, commissaire pour l’économie et la société numériques, « Les technologies telles que les chaînes de blocs peuvent entraîner des mutations profondes dans les services financiers et au-delà. Nous devons mettre en place un cadre propice à l’innovation, tout en maîtrisant les risques et en protégeant les consommateurs ».

Sources :

Catégories
Régulation

Nouveaux usages et régulation des chaînes de blocs « blockchain » – Audition de la Commission des finances du Sénat

Nouveaux usages et régulation des chaînes de blocs « blockchain » – Audition de la Commission des finances du Sénat

http://videos.senat.fr/frame2.545468_5a78e86ea7073?timecode=948260